Mycose de l’oreille : la repérer et la soigner

Votre oreille vous gratte de plus en plus, avec une sensation « d’oreille pleine » ou bien une légère perte de l’audition ? Il est fort possible que vous souffriez d’une mycose de l’oreille…

Attention, arrêtez de gratter tout de suite ! Pour ne pas irriter encore plus le conduit auditif et risquer de propager le champignon, il faut laisser l’oreille tranquille.

Lisez plutôt notre article : chez Audialy on vous explique tout sur l’otomycose, comment la traiter et comment la prévenir pour éviter les récidives !

Se gratter les oreilles
Résistez à la tentation de grattouiller vos oreilles ! Si vous avez attraper une mycose, cela ne fera que renforcer le problème.

Mycose de l’oreille : qu’est-ce que c’est ?

Il existe plusieurs appellations pouvant référer à cette situation médicale qui nous rebute tous un peu : des champignons dans l’oreille... On peut parler de « mycose de l’oreille » ou « otomycose », ou encore « otite fongique » ou « otite mycosique ». Tous ces termes renvoient à une atteinte de l’oreille externe (du conduit auditif externe plus exactement) par des champignons. Des vrais champignons, ce n’est pas une façon de parler…

Il est très rare que les otites mycosiques « remontent » au-delà du conduit externe et touchent l’oreille moyenne ou interne. Quand cela arrive, c’est concomitant à d’autres affections (comme une sinusite complexe) et c’est plus grave.

Les otomycoses de l’oreille externe sont elles plutôt fréquentes puisqu’elles représentent 10 à 15% des otites externes selon les études. Ces mycoses sont très rarement graves, comme les symptômes désagréables poussent les patients à agir vite pour se débarrasser du problème. Mais elles sont souvent récidivantes ou chroniques, et bien ennuyantes !

Comment attrape-t-on une mycose de l’oreille ?

L’implication des champignons dans les otites externes va en augmentant à cause de la multiplication des facteurs prédisposants : comme l’utilisation systémique d’antibiotiques à large spectre et de corticoïdes, les maladies autoimmunes ou immunodéprimantes en augmentation, les climats plus chauds, l’utilisation de cotons-tiges par souci excessif d’hygiène.

Ces facteurs prédisposants s’associent à l’introduction d’agents pathogènes fongiques dans l’oreille par des doigts « sales », des objets « pour gratter » comme le capuchon des stylos à bille, les clés etc.

Les champignons les plus généralement incriminés sont le candida et l’aspergillus. Ces espèces sont thermophiles : elles ont besoin de la chaleur pour se multiplier. Et elles sont naturellement absentes dans l’oreille : elles doivent y être introduites pour s’y reproduire, et sont donc considérées comme pathogènes.

Il est question de saisons et de styles de vie également dans les facteurs prédisposants : la saison chaude, avec la pratique des sports nautiques et des baignades (et des oreilles toujours mouillées et chaudes), saison humide et des chauffages à fond qui vont favoriser l’humidité chaude de l’oreille, ou le port de chapeaux ou de bonnets pendant l’hiver.

Les otites mycosiques sont par ailleurs moins fréquentes chez les enfants que chez les adultes, et cette fréquence est probablement liée à la vie active.

mycose et otite
Les cotons-tiges fragilisent la barrière de cérumen ainsi que l’épiderme, ce qui fait le (parfait) lit de l’implantation mycosique.

Comment éviter les mycoses de l’oreille ?

Comme souvent pour chouchouter vos oreilles, Audialy vous conseillera… de ne rien faire ! C’est-à-dire :

  • Pas de nettoyages invasifs avec cotons-tiges ou autres instruments pénétrants : ces « mini-tortures » de l’oreille enlèvent la barrière protectrice de cérumen et entraînent l’abrasion de la peau du conduit, ce qui laisse la voie ouverte aux champignons pour s’implanter dans l’épiderme;
  • Pas de longues séances de douche chaude dans l’oreille en espérant éliminer un bouchon de cérumen : l’oreille a besoin de son cérumen, et si vous avez réellement un bouchon, il existe des solutions adaptées qui respectent l’équilibre de l’oreille;
  • Pas de doigts ou d’objets « sales » dans les oreilles : les champignons ne se voient pas (et heureusement ! ils sont bien horribles au microscope…) et peuvent être sur n’importe quelle surface;
  • N’utilisez des gouttes antibiotiques qu’en cas de grande nécessité, dans un usage encadré par votre médecin: uniquement pour contrer une infection menaçant votre santé auditive, et en respectant la durée de prescription.

Enfin, chouchoutez votre régime alimentaire et votre style de vie pour favoriser une bonne défense immunitaire, soit :

  • Forcez sur les vitamines issues des fruits et des légumes pour leur action anti-oxydante,
  • Faites attention au sucre et à son effet inflammatoire sur les muqueuses,
  • Introduisez des probiotiques dans votre alimentation régulièrement.

Quels sont les symptômes de l’otite mycosique ?

Les symptômes les plus courants sont :

  • Prurit : démangeaisons, légères au début et de plus en plus marquées en phase aiguë;
  • Otalgie : douleurs, sensations de chaleur douloureuse, accentuées au fur et à mesure que l’infection mycosique se développe;
  • Otorrhée : écoulement léger, d’un liquide assez nauséabond;
  • Acouphène : en cas d’infection sévère, car la « plénitude » de l’oreille moyenne empêche le tympan de vibrer;
  • Hypoacousie : perte auditive, quand le conduit auditif est complètement bouché par les filaments des champignons, pris dans le cérumen et les cellules mortes.

Il y a trois phases d’atteinte fongique de l’oreille externe :

  1. Prurit modéré : le champignon s’implante et commence à se développer dans les couches supérieures de la peau;
  2. Prurit aigu, douleurs, sécrétions : le médecin pourra observer un amas blanchâtre dans l’oreille. L’oreille est inflammatoire, ulcérée;
  3. L’inflammation s’étend et une perforation du tympan peut advenir, s’il n’y a pas eu de traitements adéquats.

Quand le patient consulte, c’est généralement lors de la deuxième phase. Le médecin peut alors observer une atteinte aiguë via l’otoscope. L’image mycosique est typique : la masse observable est comparable à du papier buvard, entre le jaune et le marron. Le patient se plaint d’otalgie (douleurs), d’otorrhée (sécrétions) et de fortes démangeaisons, avec la sensation d’oreille pleine.

Si vous voulez voir ce à quoi ressemble une mycose de l’oreille, découvrez la vidéo ci-dessous :

Médecin ORL pour mycose
Le médecin observe un amas ressemblant à du papier buvard, qui est en fait l’enchevêtrement des filaments des champignons, du cérumen et des cellules mortes, et qui provoque ces douleurs et ces démangeaisons.

Il existe une forme chronique avec des symptômes moins aigus : une inflammation diffuse mais sans amas fongique visible. Le médecin pourrait alors traiter ces symptômes comme étant ceux d’une otite bactérienne; mais en l’absence de résultat du traitement antibiotique et corticoïde (voire avec une exacerbation des symptômes par les gouttes), le diagnostic de l’atteinte mycosique arrive dans un second temps.

Comment traiter une mycose de l’oreille ?

Traitements médicamenteux

Le traitement des otites mycosiques fait appel à des gouttes ou des poudres antifongiques, en application locale pendant deux ou trois semaines. Des antifongiques systémiques, par voie orale, sont rarement nécessaires, et sont réservés aux otomycoses invasives et résistantes au traitement local.

Selon le degré d’atteinte ou en cas de doute sur le diagnostic, le médecin peut procéder à un prélèvement pour analyse microbiologique afin d’identifier directement le champignon à éliminer et cibler le traitement. En cas de formes avancées et compliquées (avec certaines formes d’aspergillus notamment), il peut aussi procéder à un traitement instrumental au cabinet médical : aspiration et bain d’oreille pour supprimer le bouchon mycosique – toute procédure de « mise à mort » du champignon sera tout de même suivie d’un traitement à faire à la maison, sous forme de gouttes ou de poudrage, pour éviter une récidive.

Si le tympan est fragilisé ou troué, le traitement liquide se fera via une mousse auriculaire (à imprégner de produit) pour diminuer le risque de pénétration par le tympan.

Traitements naturels

Les huiles essentielles efficaces

Les traitements naturels à base d’huile essentielle sont très efficaces sur les premiers signes d’une atteinte mycosique et sur les atteintes chroniques.

On vous conseillera les huiles essentielles de :

  • Thym à Thujanol
  • Lemongrass
  • Laurier Noble

Les trois, séparément ou bien en synergie, apaisent les otites externes mycosiques par leurs actions fongicide et anti-inflammatoire.

traitement naturel mycose oreille
Il existe des huiles essentielles au fort pouvoir anti-fongique. Elles fonctionnent très bien en application sur les cas récents et les cas chroniques d’otites mycosiques.

Comment préparer un traitement anti-fongique naturel

  • Mélangez une goutte de chacune des huiles présentées ci-dessus (lemongrass, laurier noble et thym à thujanol) dans une cuillère à soupe d’huile végétale (huile d’amande douce par exemple, ou huile de rose musquée).
  • Mettez la solution dans une seringue (vous pouvez acheter une seringue en pharmacie).
  • Installez-vous sur le côté, la tête posée sur un oreiller ou une serviette pliée, et videz doucement le contenu de la seringue dans votre oreille, afin d’effectuer un bain d’oreille.
  • Laissez agir 10 minutes. Puis retournez-vous et laissez l’oreille se vider complètement. Ne séchez pas, et n’utilisez pas de coton-tige.
  • Le traitement peut se poursuivre sur une à deux semaines, mais si les symptômes persistent au bout de trois jours consultez votre médecin.

Conclusion

N’attendez pas que votre oreille gratte horriblement pour agir : toute démangeaison persistante doit être pour vous un symptôme important, à ne pas ignorer, car elle peut indiquer un trouble dermatologique comme une mycose ou un eczéma de l’oreille. Le traitement antifongique, naturel ou médicamenteux, est très efficace sur les premiers stades de développement d’un champignon et permet de prévenir également les récidives.

Pour éviter les récidives, il y a aussi un ensemble de conseils à connaitre : ne pas irriter ses oreilles (avec ces vilains cotons-tiges ou autres capuchons de stylo), faire attention à ne pas laisser le conduit externe mouillé et au chaud (sous un bonnet après la piscine par exemple), favoriser une bonne hygiène de vie (vitamines anti-oxydantes et probiotiques notamment).

Mycose de l’oreille : la repérer et la soigner
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Auteur(s) de l'article
Armelle Cassanas
Armelle Cassanas
Armelle est spécialisée dans la linguistique médicale, via l'analyse des concepts attachés aux maladies et aux médicaments. Pour Audialy, elle condense ses recherches autour de l'expérience des patients et des soignants, ainsi que son étude des recommandations santé et bien-être.
Sources
Université de Rabat. Meriam ELMRINI. Les otites fongiques [en ligne]. < http://ao.um5s.ac.ma/jspui/bitstream/123456789/14569/1/P0752008.pdf > Consulté le 7 octobre 2019 Université Paris VII. Benjamin Verillaud. Infections fongiques ORL [en ligne]. < http://www.infectiologie.com/UserFiles/File/formation/desc/2018/avril-2018/conf3-infections-fongiques-orl-b-verillaud.pdf > Consulté le 7 octobre 2019