L’implant auditif du tronc cérébral : de quoi s’agit-il ?

Impulsions électriques sur les nerfs auditifs

Les nerfs auditifs sont sollicités par l’implant de tronc cérébral

Il existe aujourd’hui de nombreuses solutions d’appareillage pour aider les mal-entendants à retrouver des capacités auditives : le plus récent d’entre eux est l’implant auditif du tronc cérébral. Un nom barbare et encore méconnu.

Les équipes d’Audialy.com ont rassemblé pour vous les informations essentielles pour connaître cette technologie de pointe.  Qui peut en bénéficier ? Comment ça marche ? C’est parti pour un décryptage grand public sur l’implant du tronc cérébral.

Dans quel cas peut-on bénéficier d’un implant du tronc cérébral ?

Certaines personnes atteintes de surdité le sont parce que leurs nerfs auditifs ne sont pas fonctionnels ou n’existent tout simplement pas. Ce sont des cas très rares sur lesquels les technologies habituelles, notamment celle de l’implant cochléaire ne fonctionnent pas. Cela arrive notamment à la suite d’une neurofibromatose de type II (dans le jargon médical NF2), maladie qui s’accompagne de tumeurs dans l’oreille interne.

Il arrive aussi exceptionnellement que des personnes atteintes de :

  • Surdité de perception
  • De surdité de transmission
  • Ou de surdité mixte
  • Ou qui souffrent de pathologies empêchant leur appareillage avec des technologies plus courantes. Certains peuvent en effet souffrir de malformations de l’oreille interne ou d’ossification de la cochlée après une méningite.

Dans ces cas, le dispositif de l’implant sur le tronc cérébral reste la dernière solution pour espérer retrouver une audition correcte.

Les électrodes doivent être implantées plus en aval dans la chaîne auditive, postérieurement à la cochlée et au nerf auditif, directement sur le centre auditif du tronc cérébral.

Où se trouve le tronc cérébral ?

schéma simplifié du cerveau

Le tronc cérébral a une fonction essentielle de transmission des informations au cerveau

Le tronc cérébral assure le lien entre le cerveau et les nerfs de la colonne vertébrale, transmettant donc les ordres du cerveau vers le corps et les sensations du corps vers le cerveau. Sur le plan auditif, il est le siège des nerfs recevant les impulsions électriques fabriquées par la cochlée, à partir des sons qu’elle a reçus de l’extérieur.

Qu’est ce qu’un implant du tronc cérébral ?

Les implants du tronc cérébral sont généralement fabriqués par les mêmes spécialistes que ceux des implants cochléaires. Dans le milieu médical, on les appelle aussi ABI, en anglais Auditory Brainstern Implant. Leur fonctionnement est d’ailleurs assez similaire.

Concrètement, un microphone est placé sur l’oreille pour capter les sons extérieurs, paroles ou bruits environnants. Il les transmet à un processeur externe qui les transforme en signaux électriques. Envoyées à des électrodes implantées dans le tronc cérébral, ces impulsions sont ensuite transformées par le cerveau en sons.

On implante plusieurs électrodes qui peuvent réagir à différentes variations sonores, du plus grave au plus aigu.

Comment se déroule la pose d’un implant auditif ?

Pratiquée pour la première fois à la fin des années 70, standardisée dans les années 2000, c’est une opération chirurgicale d’une grande complexité, qui se réalise sous anesthésie générale. Elle est pratiquée conjointement par des chirurgiens ORL et des neurochirurgiens, les deux compétences étant sollicitées pour installer l’implant.

Les suites après la mise en place d’un implant cérébral

Grâce à ce dispositif, le mal-entendant peut entendre une grande variété de sons mais il ne faut pas imaginer qu’il retrouvera une audition complète. On parle d’ailleurs plus couramment de perceptions auditives, que d’audition. La différence est importante.

Après l’opération, la convalescence dure plusieurs semaines. De nombreux réglages de l’appareil seront nécessaires en post-opératoire afin d’optimiser les sensations auditives, et de diminuer les bruits indésirables. Il faut aussi affecter le moins possible les structures neurologiques voisines des électrodes, car, rappelez-vous, de nombreux nerfs passent par ce tronc cérébral avec de toutes autres fonctions que l’auditive.  Il sera parfois nécessaire de ne pas activer toutes les électrodes, ce qui n’a généralement pas d’impact sur la qualité de la perception auditive.

Comment ça se passe concrètement ?

Les électrodes ne seront activées qu’au bout de 6 semaines. Ce moment reste magique et rempli d’émotion quand les personnes atteintes de surdité ont la sensation d’entendre pour la première fois.

C’est le cas de ce petit garçon de trois ans aux Etats-Unis. Découvrez sa réaction dans ce court extrait et une simulation 3D du fonctionnement de l’implant :

Les premiers réglages se font sous monitoring cardio-vasculaire pour analyser les effets potentiels sur ces fonctions. Les électrodes qui provoquent des réactions faciales, des douleurs ou des vertiges sont désactivées.

Il faudra ensuite régler les seuils des électrodes puis des semaines de rééducation auditive avec un orthophoniste, un suivi régulier et intensif afin d’arriver à décrypter les sensations auditives nouvellement perçues. Vous l’aurez compris, c’est un cheminement long et fastidieux, mais qui apporte des résultats.

Les premières études sur les suites opératoires montrent que 60 à 90% des patients opérés constatent une amélioration de leur sensations auditives et ont une meilleure capacité à communiquer. Il leur est cependant généralement indispensable de continuer à utiliser la lecture labiale, c’est à dire à lire sur les lèvres de leurs interlocuteurs.

où se placent les différentes prothèses

Une solution de prothèse auditive différente selon la gravité et le style de surdité qui vous touche

Un plus faible pourcentage récupère un niveau d’intelligibilité intéressant, mais nous devons rappeler qu’il existe une importante variabilité de réussite selon les individus.

Les différentes prothèses auditives

La technologie progresse chaque jour et les dispositifs permettant de rendre l’audition aux personnes atteintes de surdité traitent de plus en plus de cas. A chaque niveau de gravité correspond une solution technique :

Type de prothèse Où est-il installé ? Dans quel cas l'utilise-t-on ? Comment ça marche ?
Audioprothèse classique Oreille externe Cas de surdité de transmission légère Amplifie les sons utiles et diminue les sons parasites
Prothèse auditive à ancrage osseux Oreille externe Surdité de transmission et mixte Transmet des vibrations sonores par conduction osseuse
Implant de l'oreille moyenne Oreille moyenne Quand une prothèse classique ne suffit pas mais que la surdité n'est pas suffisamment importante pour justifier un implant sur la cochlée Stimulation directe des osselets ou de l'os temporal
Implant cochléaire Sur la cochlée Quand l'oreille interne est incapable de transmettre une informations aux nerfs auditifs Stimulation directe du nerf auditif avec des électrodes. Signaux acoustiques => signaux électriques
Implant du tronc cérébral Sur le tronc cérébral Quand le nerf auditif ne fonctionne plus ou n'existe pas Stimulation du cerveau par électrode directement dans les nerfs circulant dans le tronc cérébral

Conclusion

Les progrès sur la connaissance du fonctionnement du cerveau sont quotidiens. Et donc, chaque jour qui passe rend cette technologie de plus en plus abordable, perfectionnée et efficace pour accompagner les personnes atteintes de surdité profonde. La solution de demain pour tous les malentendants ?

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L’implant auditif du tronc cérébral : de quoi s’agit-il ?
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